Octopus Comics

Le compte-rendu de mes lectures de comics et autres bandes dessinées

20 mars 2006

[FR] Marvel Manga #11 à 13 [Agent-X]



Encore un petit recyclage d'un article publié sur mon site en janvier 2005 (TrueDuke.com)...

Marvel Manga #11-12-13 [Agent-X] - Marvel France (2003)
Scénario : Gail Simone | Dessin : Studio Udon
"Dead Man's Switch part. 1-6" | "Shameful William" (2002-03)


Si vous aimez les comics profonds, intelligents, aux intrigues tortueuses et intelligentes… Oubliez tout de suite "Agent-X" comme prochain achat. En revanche, si vous aimez l’humour gras, les calembours tous plus ridicules les uns que les autres et le non-sens le plus total, je ne saurais que trop vous conseiller de jeter un œil à la création de Gail Simon et des studios Udon.

Guess who’s back !
Qui est cet Agent-X qui donne le nom à cette série ? Un nouveau venu ? Oui et non à la fois. D’ailleurs, pour être tout à fait honnête le doute plane sur la réelle identité de notre héro… Enfin, c’est plus un secret de polichinelle qu’un véritable mystère puisqu’il s’agirait en vérité d’un des héros les plus loufoques et bourrins de l’univers Marvel, le bien nommé Deadpool.

Dans le dernier numéro de sa série, Deadpool était laissé pour mort dans une explosion à Berlin et depuis, on n’avait plus de nouvelles de ce tueur à gage à l’humour lourdingue et au pouvoir auto-guérisseur (il est d’ailleurs, comme Wolverine/Serval, un produit du complexe Arme-X). Mercenaire au visage ravagé par un cancer de la peau que son état de mutant ne permet pas de guérir, Wade Wilson alias Deadpool est un tueur hyper efficace… quand il daigne faire ce qu’on lui demande. Wade est en effet pour le moins ingérable, bavard, prétentieux et d’une mauvaise foi qui n’a d’égal que sa faculté à faire des bides.

On se doutait bien qu’on ne se débarrasserait pas aussi facilement d’un mutant au pouvoir auto guérisseur dont la passion est précisément de casser les pieds du reste du monde. Il aura fallu donc attendre quelques temps et la création de la ligne "Tsunami" par Joe Quesada pour retrouver notre anti-héro cette fois-ci le visage découvert et sans son justaucorps rouge et noir.
Deadpool est donc de retour, à la différence près qu’il est amnésique et dans un sale état. Il est récupéré par une charmante et plantureuse mercenaire (Sandi – ex Sondra – Brandenberg qui connaissait Wade) qui, malgré le fait qu’il lui ait ruiné un tailleur, le recueillera chez elle. Après avoir saigné partout et dévalisé son frigo, il lui avoue son but ultime : devenir le meilleur mercenaire de tous les temps (tin tin tin). Mais le chemin sera parsemé d’embûches pour le moins… burlesques.
Pour cela, il s’attache les services du Taskmaster (un mutant dont le pouvoir est d’intégrer, juste en les regardant, les techniques de combat de n’importe qui) pour un entraînement intensif qui entraînera chez Alex Hayden (le nouveau patronyme de l’ami Deadpool) amputations, fractures ouvertes, hémorragies et autres tortures du plus bel effet.
Même s’il n’est pas encore au top (loin s’en faut), Hayden se remet en course et décroche ses premiers contrats… qui s’avèrent pour le moins farfelus. Sans trop gâcher le suspense, notre mercenaire aura à récupérer les animaux d’un cirque perdus dans New York, voler les pistolets du Punisher ou en découdre avec une bande de Yakusa sanguinaires. Mais avec cette touche si particulière qui caractérise notre trublion de service.

Agent-X vs Deadpool
Même si le style graphique a changé, on retrouve dans "Agent-X" tout ce qui faisait l’intérêt de la série "Deadpool". Les blagues bidons, le bavardage incessant, les promesses de violences physiques : pas de doute Alex Hayden ne peut être que Wade Wilson. Alex partage avec Deadpool les mêmes digressions grotesques, ce même sens de l’humour pathétique ainsi que les mêmes lubies fulgurantes (comme lorsqu’il décide de ponctuer toutes ses phrases d’un mot de son invention). Mais si le ton reste le même, les scénarios ont légèrement gagné en tenue, rendant l’histoire plus aisée à suivre que dans les épisodes de "Deadpool". On ne pourra que s’en réjouir car bien que très attachantes, la lecture des aventures de Wade Wilson pouvait finir par être assez épuisante en raison du volume de dialogues et du joyeux foutoir dont regorgeaient les pages.

D’ailleurs graphiquement, force est de reconnaître que le lifting opéré est plutôt réussi avec son style tirant vers le manga (la modélisation des nombreux personnages féminins n’est d’ailleurs pas sans rappeler les fantasmes nippons). Les Studios Udon donnent aux scénarios de Gail Simone une dynamique particulière qui permet d’insuffler à Deadpool un souffle nouveau dont il avait bien besoin. Les dessins permettent ainsi un traitement un peu plus adulte du personnage (toutes proportions gardées, il s’agit de Wade Wilson) et de l’univers qui l’entoure. Plus propre, le style ne fera certainement pas l’unanimité à l’instar de séries telles que "Transformers" ou "Cosmocats" (qui, elles, souffraient de scénarios d’une vacuité déprimante) mais le parti pris d’une esthétique proche du dessin animé n’était foncièrement pas une mauvaise idée.

Ce n’est qu’un au revoir mes frères…
Malheureusement, la série n’aura pas réellement rencontré le succès outre-Atlantique et elle s’éteindra au numéro 12 alors que Gail Simone l’aura abandonnée 6 numéros plus tôt. Marvel France ne publiera d’ailleurs que ses scénarios (les six parties de "Dead Man’s Switch" et l’histoire courte "Shameful William") et réserve, on l’espère, les épisodes non publiés pour un "Monster Edition" consacré à Deadpool.
Après avoir suivi "Strange" première version dans la tombe, après que sa série se soit éteinte en France au numéro 9 faute de lecteurs, on peut se demander si le sympathique trublion de Marvel ne porterait pas la poisse. En tout cas, à chacune de ses apparitions, ce grand agité du bocal qu’est Deadpool ne manque pas de nous arracher quelques sourires à coups de blagues vaseuses et de non sens débridé. Celui qui n’était au début qu’un mélange improbable entre Wolverine (pour les pouvoirs et le goût du sang) et Spiderman (pour son goût pour les phrases choc) a finalement réussi à devenir un personnage à part entière que Gail Simone avait encore fait évoluer sous les traits de "Agent-X". Dommage que le faciès disgracieux de Deadpool semble repousser le public, il passe à coté de bons moments de rigolade.

[FR] Encyclopédie Marvel Vol.1

Je recycle un article publié sur mon site en novembre 2004 (TrueDuke.com)...

Encyclopédie Marvel Vol.1 - Marvel France (2004)

Voilà maintenant quelques années que Marvel France parlait de sortir une nouvelle encyclopédie de son univers pour succéder aux mythiques Encyclopédies Marvel éditées au début des années 90 par LUG. Ces dernières avaient la bonne idée de reprendre, par ordre alphabétique (ça a l’air bête dit comme ça mais vous comprendrez l’intérêt de la remarque plus loin), toutes les fiches parues trimestriellement dans feu Strange Special Origines.
Ces fiches étaient une vraie bible. Du plus grand super héros au plus insignifiant extra-terrestre, rien n’était mis de côté. Pouvoirs, background, équipe d’affiliation, psychologie, tout était abordé de façon assez exhaustive et complète. L’ouvrage de référence pour tout lecteur de comics.

Ces encyclopédies (qui n’avaient d’ailleurs pas été publiées jusqu’à la lettre Z si mes souvenirs sont bons) commençaient fortement à dater, une remise à jour de fond en comble devenant impérative devant les bouleversements opérés au sein des différents univers Marvel (la saga du clone dans Spiderman, l’Ere d’Apocalypse chez les X-Men…) et l’apparition de nouveaux (Ultimate entre autres).

Suite aux problèmes rencontrés dans le secteur du comics, il fallait aux dirigeants de Marvel trouver une solution pour redresser la tendance. Ce sauvetage est passé principalement par deux moyens. D’une part, le soutien à des adaptations cinématographiques des personnages les plus charismatiques de la maison d’édition. D’autre part, la segmentation de l’offre de comics au public : on assiste donc à la naissance de lignes inspirées manga, d’autres plus adultes (Marvel Knights, Max) ou encore un univers alternatif comme celui d’Ultimate. Une encyclopédie permettant aussi bien au lecteur novice qu’au chevronné de s’y retrouver était donc la bienvenue.

Et là, c’est le drame. Plutôt que de reprendre la formule des précédents recueils (ordre alphabétique je vous le rappelle), Marvel a préféré tronçonner arbitrairement son univers. Jugez plutôt des catégories choisies : Avengers, Fantastic Four, Marvel Knights / MAX, Spider-man, X-Men, Ultimate Marvel et The Call Of Duty.
Quand on suit un tant soit peu les sorties mensuelles de comics en France, on s’aperçoit que ces différentes catégories reflètent parfaitement l’offre Marvel de nos librairies. On aurait donc à faire à un bouquin promotionnel ? Clairement : oui.

La lecture des fiches ne fait malheureusement que nous conforter dans cette impression d’autopromotion éhontée. Les profils sont simplifiés au maximum, quitte à occulter une partie de l’histoire ou des pouvoirs des personnages. Je veux bien qu’on veuille simplifier l’accès à un nouveau public qui découvre le monde des super-héros à travers les films mais de là à en oublier le public fidèle qui lit ces histoires depuis tant d’années, il y a un pas de trop.
Les illustrations qui accompagnent chaque fiche ne rendent pas toujours hommage aux personnages qu’elles présentent. Le parti pris de la modernité fait trop souvent oublier les réussites graphiques des décennies précédentes, chose qui aurait pu participer à l’éducation d’un lectorat tout frais.
Autre preuve de la volonté de Marvel de s’attirer un nouveau public, plus jeune, la mise en place pour chaque personnage de barres de caractéristiques. On retrouve donc des petits graphiques sensés symboliser l’intelligence, la force, la rapidité, la résistance, la projection d’énergie et l’aptitude au combat de chaque héro ou vilain. Bien souvent ceux-ci s’avèrent assez folkloriques ou peu réalistes les uns comparés aux autres (détail de geek je le reconnais). De quoi faire plaisir aux adeptes du "qui c’est l’plus fort ?".

Néanmoins, cette encyclopédie a le mérite de fournir quelques informations intéressantes et utiles comme les épisodes de référence d’une série pour que le lecteur curieux puisse approfondir si besoin était ses connaissances en la matière.

Ce premier volume des Encyclopédies Marvel s’avère donc particulièrement décevant pour un lecteur un minimum chevronné en raison du caractère simplifiant de ses fiches. En revanche, pour un premier contact avec cet univers après l’avoir apprécié au cinéma, ce recueil devrait pouvoir servir. Dommage qu’il bénéficie alors du titre pompeux et trompeur d’encyclopédie.
Fort heureusement, Marvel aura su rétablir la balance avec le volume 2 nettement mieux réussi et entièrement consacré au monte-en-l’air Spider-man.

[FR] Nyx #1

Nyx #1 - Marvel France (Marvel Graphic Novels) (2006)
Scénario : Joe Quesada | Dessin : Joshua Middleton

Le marché des comics, on en a un peu parlé, a eu pas mal de soucis il y a quelques années, la jeune génération d'alors s'étant massivement plongée dans les séries japonaises au détriment des histoires de super-héros en tout genre made in USA. Marvel a donc l'idée de lancer une gamme de comics au design mangaïsant dont on peut dire que Nyx est le fruit (bien qu'il ne soit pas fait allusion à la ligne Tsunami dans cette version française).
Visiblement en France, Marvel a aussi envie de profiter du goût du public pour les productions nippones et cherche en même temps à aller piquer à la bédé franco-belge quelques lecteurs. Nyx parait donc en grand format, couverture cartonnée et prix en conséquence (15€).

La 4ème de couv' expose le principe de Nyx. Les mutants ne sont pas tous des X-Men et ne passent pas forcément par l'école du Professeur Xavier, souvent ils sont laissés livrés à eux-mêmes et se retrouvent dans des situations que leur jeune âge ne leur permet pas d'appréhender au mieux (rappelons le, la mutation se révèle généralement au moment de l'adolescence).

Il s'agira ici de Kiden, une ado rebelle et mal dans sa peau qui a assisté à la mort de son père, policier, dans un drive by. Lors d'une bagarre avec d'autres lycéens, son pouvoir se manifeste pour la première fois : elle peut arrêter le temps et s'y mouvoir normalement sans resentir ni faim ni soif. Il lui suffit de toucher quelqu'un pour que le temps reprenne son cours normal. Cette première expérience sera douloureuse puisque involontairement, elle causera la blessure par balle d'une de ses profs. Rongée par le remord, l'adolescente fugue et se réfugie chez la dite prof, traumatisée par l'accident.
Elle découvre bientôt qu'elle a un autre pouvoir : celui de voir son défunt père qui lui donne des indications mystérieuses qui se révèlent toujours être vitales pour quelqu'un. C'est ainsi que Kiden et son aînée font la connaissance d'une jeune prostituée peu loquace au look gothique visiblement portée sur le SM.

Tout le problème des histoires courtes (Nyx ne fera que deux tomes), c'est qu'en racontant les bases, on a le sentiment d'avoir tout dit. Du moins c'est le cas pour ce premier tome. Il y a une impression d'inconsistance qui domine à sa lecture, en plus d'une tendance assez lourdingue au raccolage adolescent.
C'est en effet un peu too much dans les clichés trash. La pauvre petite Kiden vit dans un quartier qui s'est dégradé à toute vitesse, elle aguiche en boite avec ses pantalons taille basse (Joshua Middleton ne manque pas de lui faire prendre des poses suggestives ou de la montrer en petite culotte), elle se drogue, elle se bagarre et elle est incomprise même si au fond, elle aime sa maman et ne veut faire de mal à personne. Elle a une copine latina et s'embrouille avec des gangsters qui arrivent à faire entrer des armes au lycée. Bout à bout et en aussi peu de pages, c'est un chouya trop artificiel et calculé, ce qui n'est pas forcément surprenant quand on sait que c'est Joe Quesada, rédacteur en chef de Marvel, qui est aux manettes.

Le dessin de Middleton quant à lui tient plutôt bien la route pour peu qu'on soit sensible à son style manga-aquarelles. Toutefois, on peut lui reprocher d'être un peu trop statique, dans un style "capture d'écran" de dessin animé qui fait perdre à ses planches beaucoup de leur dynamisme.

Ce premier tome de Nyx manque un peu d'enjeu. Clairement destiné à un public ado, on a du mal à y trouver pleinement son compte. La jeune fille représentée sur la couverture ne fait qu'une brève apparition alors qu'elle semble être le vrai fil conducteur de cette histoire. On peut s'inquiéter de la conclusion de celle-ci sachant qu'elle devrait se faire dans le prochain tome.
Qu'en espérer donc ? Soit Nyx n'est qu'un prélude à une série plus ambitieuse autour des deux jeunes mutantes, soit c'est uniquement un produit fast food destiné à attirer l'ado otaku sur les terres de Marvel. Dans les deux cas, c'est encore loin d'être indispensable.

19 mars 2006

[FR] The Goon #1 : "Rien Que De La Misère"

The Goon #1 : "Rien Que De La Misère" - Delcourt (2005)
Scénario et dessin : Eric Powell
"Rough Stuff #1-3" | "Nothing But Misery #1-4" | "Attack Of The One Eyed Scumbag From Outer Space" (2003-2004)

The Goon, comme dit la 4ème de couv' de ce premier tome, c'est un peu le demi-frère rigolo de "Hellboy". Evoluant dans un monde rempli de zombies (dirigés par le maléfique mais pas malin Prètre Zombie), The Goon a mis ses gros bras et sa tronche de débile léger au service du mafieux Labrazio et fait le ménage dans la ville entre nettoyage de mort-vivants et liquidation de dettes. Comme Sullyvan dans Monsters Inc. de Disney, la grosse brute ultra-efficace a un petit pote à grande (et sale) gueule, Franky, pour balancer quelques phrases choc et s'occuper de la logistique.

Donc sur le fond, c'est une banale histoire d'affrontement entre le Mal et le... très Mal. The Goon a une conscience mais il préfère défoncer des crânes de zombies et autres créatures malfaisantes qui lui auraient manqué de respect (ou juste pour le fun). Quelque part, il rend service parce qu'en général, les mecs sur qui ils tombent ont une tronche pas possible. Citons La Boule, un geek chétif avec un bras énorme qui tient en permanence une boule de bowling, Pete le Barbu un calamar géant manchot ou Evets (le mentor du Prêtre Zobmbie) une chèvre en caleçon à pois avec tétons piercés. Quant au reste de la population, qu'elle soit zombie ou qu'elle squatte le bar du Goon, elle n'est pas jojo non plus.

Complètement délirant dans le dessin donc, s'inscrivant volontairement dans la lignée des comics de science-fiction des années 60 (j'espère ne pas dire trop de bétises pour le coup), The Goon s'offre quelques incartades plus "graphiques" dès qu'il s'agit de mettre en scène des flashbacks. C'est d'ailleurs pendant ces séquences que le dessinateur fait la preuve de ses qualités, on en regrette presque qu'il n'ait pas choisi ce style pour le reste.

Totalement maître de sa série, Powell se lâche au moins autant au niveau des dialogues qu'il ne le fait avec le dessin. C'est bête et méchant, gratuit, absurde et toujours résolument hilarant. Les situations sont toutes plus improbables les unes que les autres (quand bien même on est chez les zombies) et jamais l'auteur ne se prend au sérieux. La dernière "histoire" reproduite dans ce premier volume ("Attack Of The One Eyed Scumbag From Outer Space") par exemple, est un clin d'oeil sarcastique aux scénarios de SF sans queue ni tête.

Ce premier tome de The Goon se lit donc facilement et rapidement. On apprécie de voir le gros bras à la dégaine de docker défoncer des crânes pendant que son pote Francky balance quelques vannes bien nazes. L'absurde omniprésent et l'efficacité des dialogues compensent la relative vacuité des scénarii mais on peut quand même regretter l'absence d'un fil conducteur plus épais, d'une intrigue générale sous-jacente plus profonde. Ceci dit, on passe un très bon moment de rigolade à la lecture de ce premier tome.

[FR] Ultimate X-Men #31

Ultimate X-Men #31 (FR) - Marvel France (2006)
UXM #58 : "Hold Up (A Hard Lesson)" | Scénario : Brian K. Vaughan - Dessin : Steve Dillon
UXM #59 : "Rattrapés Par Le Passé (Shock & Awe, part.1)" | Scénario : Brian K. Vaughan - Dessin : Stuart Immonem

Après l'Annual publié dans le numéro précédent, on retrouve le déroulement classique de l'histoire. Dans UXM #58, c'est le Professeur Xavier qui est mis à l'honneur en tant que victime d'un hold up alors qu'il vient essayer de dégeler ses comptes à la banque (bloqués par l'Etat pour cause d'enquête). Un mutant siamois (deux têtes, trois bras et un coeur phosphorescent qui pompe les pulsations électromagnétiques) nommé Syndicat est venu braquer pour pouvoir payer l'opération de leur petite soeur.
C'est Steve Dillon, dessinateur chez DC Vertigo de la sulfureuse et gé
niale série "Preacher", qui s'y colle et force est de reconnaître que son style colle beaucoup mieux au curé texan déchu qu'aux mutants idéalistes. Quant à Brian K. Vaughan, il ne me remonte guère dans mon estime après le piteux Annual évoqué dans le billet précédent. Le scénario est plat, convenu et ne semble avoir pour objet que de montrer les différences entre le Xavier de la continuité classique (un tantinet borné dans son pacifisme immobile) et celui de l'univers Ultimate qui semble déjà plus enclein à utiliser ses pouvoirs pour arriver à ses fins (qui restent les mêmes : la paix entre mutants et humains normaux).
Un épisode à oublier rapidement.

Brian K. Vaughan doit bien aimer faire quitter à ses mutants leur cocon. UXM #59 met en effet en scène Logan (Wolverine), qui a quitté précipitemment l'école bouleversé par la réaction de Malicia quand il s'en est pris à Gambit, et Ororo (Storm/Tornade)
partie à la recherche du mutant griffu pour qui elle en pince.
C'est l'occasion d'en apprendre plus sur la jeunesse de la jeune Marocaine capable de maîtriser les éléments (oui dans l'univers Ultimate, Ororo est maghrébine) et les squelettes qu'elle cache dans son placard. Le placard d'ailleurs se rouvrira, permettant à une habituée de faire son entrée en scène pour le malheur de nos deux mutants. Logan, quant à lui, est parti sur les traces de son passé effacé par l'Arme X.

Dans sa jeunesse, Ororo était sous la coupe d'une dénommée Yuri, voleuse impénitente aux méthodes quelque peu musclées. Lors d'une course animée avec Ororo, elle percutera de plein fouet un poids lourd par la faute de cette dernière. Visiblement, Yuri n'est pas morte puisqu'elle entend bien se venger de sa partenaire aujourd'hui sous les traits de... Lady Deathstrike.

Brian K. Vaughan aime visiblement les scènes de baston, ça doit être moins compliqué à écrire que d'approfondir la psychologie de ses personnages. Ainsi, ce #59 est encore majoritairement dominé par des combats mais avec cette fois l'avantage de poser des questions et de répondre à d'autres. L'arrivée d'un nouvel ennemi est le bienvenu, espérons qu'il ne se fera pas déssouder dans les deux épisodes à venir comme c'est la tendance dans UXM.

[FR] Ultimate X-Men #30

Ultimate X-Men #30 (FR) - Marvel France (2006)
Ultimate X-Men Annual #1 "Ultime Sacrifice" ("Ultimate Sacrifice")
Scénario : Brian K. Vaughan | Dessin : Tom Raney

C'est le premier Annual pour Ultimate X-Men (si quelqu'un peut me donner une définition exacte de ce qu'est un Annual, je suis preneur) et il est consacré à mon couple de mutants préférés : Gambit et Malicia. Le premier, un voleur Cajun a le pouvoir de charger les objets en énergie explosive et la seconde a le pouvoir maudit d'absorber les souvenirs et les pouvoirs de toute personne qu'elle touche (l'empêchant donc tout contact avec qui que ce soit).

Quelques temps auparavant, les deux marginaux des X-Men ont mis les bouts et ont décidé de partir vivre leur amour loin des contraintes imposées par l'école du Professeur Xavier. Leurs motivations sont plus terre à terre : se venger des Von Strucker qui avaient plutôt été désagréables avec eux en les volant.
Le scénario de cet Annual Ultimate X-Men #1 n'est guère palpitant : nos deux amoureux filent le parfait amour entre vol et bisouillages jusqu'à ce que le Fléau, amoureux de Malicia ne débarque pour récupérer la belle. Il ne se passe d'ailleurs que ça dans cet épisode, un combat entre Gambit et le Fléau.

Un seul intérêt donc : la chute. Et là, patatra c'est le drame.

/!\ BEWARE - SPOILERS /!\ BEWARE - SPOILERS /!\

A la fin, Gambit se sacrifie pour se débarasser de l'invincible Fléau. Déjà, le principe de se sacrifier alors qu'on le connait notre Cajun, il aurait bien pu trouver un truc pour ne pas morfler, c'est étrange. Le sourire aux lèvres, comme s'il prenait le bus en plus, ça fait beaucoup.
Donc Brian K. Vaughan a tué Gambit. Il n'aimait pas écrire avec "l'accent français" ? Quelle idée ?! Gambit est un des personnages les plus mal exploités de l'univers Marvel alors qu'il a une classe folle, un background super riche et un pouvoir qui lui permettrait, théoriquement, de faire exploser la planète en la chargeant d'énergie.
Il tente de s'en sortir avec une pirouette scénaristique assez douteuse : Malicia lui donne un dernier baiser et absorbe en elle sa personnalité, ses souvenirs... et ses pouvoirs. Si la Malicia de la continuité classique avait absorbé les pouvoirs de Miss Marvel et était devenue quasi-invincible et capable de voler. Cette fois donc, elle pourra charger les objets en énergie. Mouais.

Je trouve depuis un moment (pour ne pas dire depuis le début) que les différents scénaristes imposent à la série un rythme bien trop soutenu, empêchant ainsi aux personnages de gagner en profondeur et aux situations de s'épaissir pour mettre en place un univers moins "fast food" qu'il ne l'est actuellement. Se débarasser ainsi d'un personnage aussi charismatique, à part pour montrer la volonté de suivre une voie autre que celle de la continuité classique, me parait pour le moins maladroit.
Toutefois, et malgré les promesses de la rédaction, les morts reviennent souvent parmi les vivants. On peut toujours espérer une résurrection du Cajun : même si la pratique a tendance à m'horripiler, je serais bien content de retrouver Remy Lebeau.

L'univers "Ultimate" chez Marvel

Juste un petit point sur ce qu'est l'univers "Ultimate" chez Marvel, histoire qu'on sache de quoi on parle.

Il y a quelques années, le marché des comics aux Etats-Unis avait du plomb dans l'aile. Après quelques sagas particulièrement réussies, on tombe dans la surenchère et la facilité. Les lecteurs de toujours désertent un peu mais surtout, les jeunes n'adhèrent pas, intimidés qu'ils sont par 40 ans d'histoire plus ou moins cohérente propre à chaque série. Du coup, idée "géniale", on met en place la ligne "Ultimate".

De quoi s'agit-il ? On prend les mêmes et on recommence. On prend donc Spiderman, les X-Men puis les Vengeurs, Daredevil et les 4 Fantastiques et on les fait renaître dans les années 2000. Du coup, les auteurs peuvent se permettre de leur donner des origines et des caractères différents, de modifier les rapports des uns avec les autres et de leur donner un coup de jeune. Dans l'idée, c'est plutôt sympa, sur le papier c'est pas toujours ça.

Welcome on boards ladies and gentlemen

Je vais profiter de ce petit coin de nature non pas pour vous parlez du nouveau Le Chat Machine mais pour vous faire part de mes récentes lectures ou relectures de comics et autres bandes dessinées.

A la maison, il y a toujours eu des bédés, mon paternel étant fan de bande-dessinée franco-belge j'ai pas mal bouquiné ce qui trainait. Enfin les trucs de mon âge, Spirou & Fantasio, Tintin, les Petits Hommes, les Schtroumpfs, Lucky Luke, Boule & Bill, les 4 As, Yoko Tsuno mais aussi les Femmes en Blanc, Pierre Tombale, Gaston Lagaffe. Tout ce qui est bédé adulte, c'est venu plus tard même si je m'y suis jamais vraiment plongé complètement. Entre temps, j'avais découvert les comics.

Les comics, c'était un peu la récompense pendant les vacances en Bretagne. On m'offrait toujours quelques numéros de Strange, Nova ou Titans vu que c'était décontracté et que l'école était en stand by. Les super-héros, j'ai adoré tout de suite. Et j'ai pas trop lâché. Il y a bien eu des périodes où je n'achetais plus rien mais c'était pour mieux y revenir, ma collectionnite empirant avec l'âge.

Donc voilà, je garantis pas forcément l'intéret profond du truc, je ne pense pas me lancer dans de profondes et riches analyses de chaque bédé que je lirai, je ne sais pas non plus combien de temps et s'il durera. Time will tell...